Webinaire  – La baignade dans la Loire et l’Allier , quels liens créer entre humains et rivières ?

Webinaire – La baignade dans la Loire et l’Allier , quels liens créer entre humains et rivières ?

Webinaire – La baignade dans la Loire et l’Allier , quels liens créer entre humains et rivières ?

Les fleuves et les rivières sont des milieux écologiques vivants, foisonnants et fragiles, sources de dangers, mais également espaces de loisirs et de développements touristiques. Après un été de sècheresse, leur fréquentation soulève de nombreuses questions, notamment lorsqu’est abordée le sujet de la baignade et du rafraichissement dans leurs eaux.

Autorisée ou interdite, pourquoi la baignade en eau naturelle devient-elle un sujet d’actualité ? Comment cette pratique se réinvente-elle ici et ailleurs ? Faut-il mieux accompagner, voire encadrer les pratiques existantes ? Comment réapprendre à connaitre nos rivières ? Comment concilier développement touristique et respect du milieu naturel ?

L’agence d’Urbanisme de l’agglomération de Tours et l’agence d’urbanisme et de développement Clermont Métropole vous proposent de discuter de ces questions au cours d’un webinaire, regroupant partages d’expériences et conclusions des travaux réalisés sur la baignade dans la Loire et son affluent, l’Allier.

Les équipes des agences d’urbanisme de l’Agglomération de Tours et de Clermont Métropole

« Mon territoire au futur, mon futur dans le territoire : quelle(s) solution(s) pour les habitants du Grand Clermont ? »  Retour d’expérience sur la première édition d’un concours d’idées avec les collèges et lycées du Puy-de-Dôme

« Mon territoire au futur, mon futur dans le territoire : quelle(s) solution(s) pour les habitants du Grand Clermont ? » Retour d’expérience sur la première édition d’un concours d’idées avec les collèges et lycées du Puy-de-Dôme

« Mon territoire au futur, mon futur dans le territoire : quelle(s) solution(s) pour les habitants du Grand Clermont ? » Retour d’expérience sur la première édition d’un concours d’idées avec les collèges et lycées du Puy-de-Dôme

Jeudi 5 mai 2022 s’est tenue à la Maison de la Culture de Clermont-Ferrand la remise des prix du concours scolaire « Mon territoire au futur, mon futur dans le territoire ». Ce concours, lancé par le Rectorat de l’Académie de Clermont-Ferrand avec l’appui de l’Agence d’Urbanisme et de Développement Clermont Métropole (AUDCM) et le PETR du Grand Clermont, a réuni six établissements scolaires, collèges et lycées, pour faire réfléchir les élèves à l’avenir qu’ils souhaitent pour leur territoire. Les projets proposés, divers tant dans leurs formes que dans les thématiques abordées, montrent à quel point il est enrichissant de former et d’intégrer les acteurs scolaires aux démarches de prospective territoriale.

Un concours pour mobiliser les élèves sur le devenir de leur territoire

C’est dans le cadre de la démarche prospective « Demain le Grand Clermont », portée par le PETR du Grand Clermont que l’AUDCM a organisé ce concours en partenariat avec le Rectorat. Cette démarche prospective vise à penser le devenir du territoire à l’horizon 2050 dans toutes ses composantes (environnementales, économiques, sociales, alimentaires, …). Depuis janvier 2022, elle a été engagée avec quatre élus (représentant les quatre intercommunalités du Grand Clermont) et sera prochainement partagée et discutée avec les autres élus du territoire et le Conseil de Développement du Grand Clermont récemment installé. Le concours scolaire, lancé à la rentrée 2021, vient compléter cette approche institutionnelle, en l’enrichissant des idées et propositions des jeunes d’aujourd’hui, futurs citoyens de 2050.

La consigne donnée aux élèves était ouverte et ne ciblait volontairement aucune thématique spécifique, pour laisser libre court à la créativité : « réfléchir collectivement aux défis qui s’imposent [au] territoire aujourd’hui en proposant des solutions d’avenir pour [le] territoire de demain (horizon 2050 ?) tel qu’ils l’imaginent ou le souhaitent ». Quatre collèges et deux lycées ont présenté leur candidature : les collèges Albert Camus, Roger Quilliot et Lucie Aubrac, situés à Clermont-Ferrand, le collège Teilhard de Chardin à Chamalières, et les lycées Fénelon et Massillon de Clermont-Ferrand également. Pour cette première édition, seuls des établissements de la métropole clermontoise ont participé, alors que le concours était ouvert à tous les collèges et lycées du Puy-de-Dôme. Les élèves ont travaillé durant 4 à 7 mois (selon la date de leur inscription), encadrés par leurs professeurs et en cohérence avec les niveaux et programmes scolaires de géographie, éducation morale et civique (EMC), français, arts plastiques, sciences ou encore technologie. Cette variété de disciplines, combinée à la variété des niveaux scolaires explique la richesse et l’éclectisme des productions réalisées.

Des propositions scolaires riches et variées qui ont impressionné le jury

Cette diversité dans l’encadrement pédagogique et le programme scolaire au cours duquel a été abordé le concours est nettement perceptible dans les projets des élèves. Les rendus, tous très riches dans leurs formes, les enjeux qu’ils abordent et les solutions qu’ils apportent, ont fortement impressionné le jury du concours, composé de représentants du Rectorat, d’élus, de techniciens du Grand Clermont et de l’Agence d’urbanisme. Ce sont finalement les collèges Lucie Aubrac et Roger Quilliot qui se classent à la première place ex-aequo du concours « collège ». Dans la section « lycée », le lycée Fénelon remporte le concours.

La classe de 6e 2 du collège Lucie Aubrac a présenté au jury une carte interactive du Grand Clermont, sur laquelle différents QR-codes étaient disposés et permettaient d’accéder aux détails des projets imaginés. Toutes ces informations étaient également accessibles via un site internet dédié (https://linedijols.wixsite.com/grandclermont2050). Le jury a tenu à récompenser ce projet pour la qualité des supports produits (site internet, maquette, logo, vidéo, carte…) et sa capacité à proposer, en se basant sur les enjeux actuels, des solutions transversales et originales pour le territoire. Le futur imaginé par ces jeunes élèves comprend ainsi la création d’un « magnifique » Parc Naturel Régional en Limagne, dont ils ont dessiné le logo, mais aussi l’implantation d’un tramway suspendu pour décongestionner la métropole clermontoise et l’inauguration d’un « musée des horreurs » à Vic-le-Comte en souvenir des difficultés vécues pendant la crise sanitaire de 2019-2021, particulièrement éprouvante pour les enfants et l’ensemble des acteurs scolaires.

Ci dessus : Projet de la classe de 6e B du collège Roger Quilliot.

L’autre projet lauréat, ex-aequo, est celui présenté par la classe de 6èmeB du collège Roger Quilliot. Les élèves, accompagnés par leur professeure de français, ont proposé un projet particulièrement créatif articulé autour d’une maquette et d’un poème. En 2050, la ville s’organise autour d’une tour multifonctionnelle desservie par des voies cyclables suspendues et un téléphérique. A ses pieds, des jardins partagés nourrissent ses habitants, et des panneaux solaires l’alimentent en énergie. La vie dans la tour, et plus globalement dans la ville en 2050, est détaillée par un poème écrit, lu et chanté par les élèves. Cette projection sensible et littéraire dans un imaginaire pour le territoire de demain, mais aussi la multiplicité des sujets urbains abordés, ont séduit le jury.

Ci dessus : Projet des élèves de 1ère du Lycée Fénelon.

Du côté des lycéens, les élèves de 1ère du lycée Fénelon ont obtenu la première place en présentant plusieurs projets d’aménagement de quartiers clermontois, mais également de secteurs aux alentours tels que Volvic. Par groupe de trois, les élèves ont par exemple proposé des solutions d’éclairage public photovoltaïque à Jaude, une refonte du marché Saint-Pierre désormais lieu de production maraîchère, un écoquartier à Kessler… Des diaporamas et maquettes ont accompagné les explications et permis au jury de se projeter dans le territoire en 2050.

Ci dessus : Projet des élèves de Terminale du Lycée Massillon

Enfin, le travail des classes de terminales du lycée Massillon, classé 2e de la catégorie « lycée », a bousculé le jury sur les enjeux retenus par les jeunes comme primordiaux pour leur avenir dans le territoire. Parmi ceux-ci, la volonté de traiter de l’employabilité des jeunes de moins de 18 ans et de l’insertion professionnelle plus globalement, mais aussi leur décision quasi-acquise de partir ailleurs faire leur vie ont fait prendre conscience de l’intérêt d’entendre les jeunes dès aujourd’hui pour réfléchir avec eux au devenir du Grand Clermont. Partagé par l’ensemble des autres groupes, les problématiques alimentaires ou encore la qualité des espaces publics qu’ils proposaient de réaménager ont également retenu l’attention du jury.

Intégrer les acteurs scolaires : un enjeu essentiel pour penser le devenir du territoire

C’est l’objet même de ce type de concours que de faire sortir l’école de ses murs et de faire entendre la parole et les idées des jeunes. Cela permet non seulement de sensibiliser les élus aux problématiques qui paraissent primordiales aux élèves, mais également de former les citoyens de demain à la transition des territoires. Cette formation des plus jeunes aux thématiques urbaines et territoriales nécessite au préalable une sensibilisation de leurs enseignants, et de l’ensemble des acteurs scolaires, à la prospective territoriale. L’enjeu est de déterminer sous quelles formes et à travers quelles disciplines cet enseignement doit être dispensé pour être le plus efficient.

La prospective territoriale pourrait également constituer un facilitateur et une plus-value pour l’enseignement de certaines disciplines, notamment la géographie, parfois considérée comme parent pauvre des concours d’idées et de l’enseignement. Par sa capacité à mobiliser et stimuler les plus jeunes sur des sujets qu’ils pratiquent tous les jours, mais connaissent peu sur le plan théorique, la prospective peut aider à décloisonner et à ouvrir la réflexion. Les sujets portant sur la mobilité dans la ville et le territoire, qu’ils pratiquent quotidiennement pour rejoindre leurs établissements, l’espace public dont ils ont l’usage pour leurs loisirs et autres activités, les politiques liées à l’insertion professionnelle dans le territoire, l’importance de l’engagement citoyen dans la fabrique de la ville de demain… sont autant de sujets susceptibles de mobiliser les élèves sur des thématiques plus vastes comme la mondialisation de l’économie, les phénomènes de métropolisation ou encore les enjeux d’un développement territorial soutenable.

Mais au-delà de ses vertus pédagogiques, la sensibilisation aux enjeux urbains et territoriaux des plus jeunes répond globalement à un souci de pertinence et de pérennité des politiques publiques locales.  En effet, les élèves qui ont participé à ce concours sont des habitants et des acteurs du territoire d’aujourd’hui et de demain. Dans le contexte actuel de crise de la démocratie représentative et de volonté d’intégrer les habitants, en tant qu’usagers-experts, dans la construction des projets et politiques urbaines, il est essentiel de créer des lieux de rencontres entre les élèves, leurs enseignants, éventuellement les parents et les acteurs de l’urbanisme, élus comme techniciens. Ces espaces de discussions contribueront à éclairer les décideurs territoriaux sur les problématiques d’avenir essentielles pour ceux qui pratiqueront demain le territoire, mais également d’emporter l’adhésion des habitants actuels et futurs aux politiques décidées en les formant sur celles-ci et en les intégrant dans leur construction. 

L’Agence d’Urbanisme, co-organisatrice de cette première édition du concours « Mon territoire au futur, mon futur dans le territoire » souhaite poursuivre ce partenariat pour devenir un lieu de rencontre privilégié entre acteurs scolaires et acteurs urbains. La sensibilisation des enseignants à la prospective territoriale et leur accompagnement dans leur mission pédagogique s’inscrit dans la ligne directe des nouvelles missions de l’Agence. Elle a pour effet la compréhension et l’anticipation des mutations des territoires, ainsi que la sensibilisation de leurs acteurs à ce sujet, dont font partie les élèves et leurs encadrants. Autant de lieux et de moments de rencontre indispensables pour accompagner la transformation du territoire vers un modèle plus soutenable et souhaitable.

La baignade dans la rivière Allier : enquête sur une pratique en plein développement

La baignade dans la rivière Allier : enquête sur une pratique en plein développement

La baignade dans la rivière Allier : enquête sur une pratique en plein développement

L’étude sur la baignade dans la rivière Allier s’inscrit dans les travaux du défi Allier, l’un des trois défis historiques du Pôle métropolitain Clermont Vichy Auvergne. Ce syndicat mixte regroupant onze EPCI et la CCI du Puy-de-Dôme, positionne la rivière Allier comme un axe de développement territorial majeur et fédérateur pour l’ensemble de ses membres. La baignade constitue un usage important de la rivière, générateur de fréquentation, pourtant peu documentée et mal appréhendée au regard des évolutions des pratiques (hausse de fréquentation, changements de pratiques, usages illicites, par exemple).

La baignade dans la rivière représente donc un enjeu territorial à l’échelle du Pôle, et bénéficie d’un regain de pratique par la mise en tourisme en cours de la véloroute voie verte Via Allier. Par ailleurs, des étés de plus en plus chauds et longs incitent les habitants et touristes à rechercher des lieux de rafraichissement et de baignade en eau naturelle. Les lieux de baignade autorisée (plans d’eau, lacs, gours) sont devenus des lieux « refuges » de plus en plus prisés, qui présentent aujourd’hui des problèmes de sur-fréquentation, amenant les usagers à fréquenter parfois des lieux non autorisés, tels que certaines plages en bord d’Allier.

Enfin, la baignade dans la rivière Allier constitue une expérience inédite et sensible, qui attire de plus en plus de riverains et touristes dans un nouveau rapport à une nature considérée comme sauvage, encore peu connue et secrète.

Ce que dit la réglementation : usages licites et illicites de la baignade dans la rivière Allier sur le Pôle Métropolitain

Il existe dans le droit français un principe général de liberté de se baigner dans le domaine public fluvial ou maritime. Il est ainsi possible de se baigner partout là où la baignade n’est pas explicitement interdite. La baignade est alors considérée comme « libre » et se pratique « aux risques et périls » de l’usager, les collectivités n’ayant alors pas d’obligation de surveiller ces lieux de baignade, ni de pratiquer des mesures de qualité de l’eau. Pour autant, lorsqu’un « grand nombre de personnes » se regroupe pour se baigner, ce lieu est alors considéré comme site de baignade et la commune concernée doit prendre des mesures pour assurer la sécurité des usagers. Une distinction se fait alors entre points de baignade :
– Les sites où la baignade est interdite en raison d’un danger (qualité de l’eau ou autre)
– Les sites où la baignade est autorisée et a été aménagée, qui doit par conséquent être surveillée
– Les sites où la baignade est autorisée et non aménagée (dite baignade libre) et se pratique aux risques et périls des usagers

Le Pôle métropolitain est situé sur trois départements (Haute-Loire, Puy-de-Dôme et Allier) qui ont des réglementations différentes vis-à-vis de la baignade en rivière. L’Allier et la Haute-Loire appliquent le principe général du droit de se baigner et ont déjà ouvert des lieux de baignade autorisée et aménagée sur leurs territoires. Le Puy-de-Dôme, en revanche, a interdit la baignade dans la rivière Allier par un arrêté préfectoral datant de 1975 motivé par des raisons de mauvaise qualité de l’eau. De nombreux sites sur le linéaire de la rivière sont pourtant utilisés dans ce département malgré l’interdiction, et sont donc considérés comme des lieux de baignade illégaux.

La multiplicité de ces sites et la hausse de fréquentation en bord de rivière montre une réelle envie des populations d’accéder à des lieux de baignade et de rafraichissement proches de chez eux ou de leurs lieux de vacances. Afin de mieux comprendre ce phénomène, des enquêtes en face à face et des observations des sites de baignade ont été réalisées par l’agence d’urbanisme, pendant l’été 2020 et 2021.

Les usagers : qui sont les personnes qui se baignent dans la rivière Allier ?

Les usagers enquêtés sur les plages interdites et autorisées de la rivière Allier du Pôle métropolitain ont été répartis en trois types de profils, ayant chacun des habitudes, des pratiques et des besoins spécifiques :
● Les familles : plusieurs générations sont souvent présentes, avec un ou plusieurs enfants et parfois des animaux. Elles disposent d’une logistique importante (glacières, poussettes, jeux…) et privilégient la voiture personnelle pour accéder à la plage. Ces usagers viennent principalement pour se reposer, mais aussi déjeuner en famille et se baigner pour les plus jeunes pendant que les parents ou grands-parents discutent à l’ombre ou préparent le repas.
● Les groupes d’amis : adolescents et jeunes adultes viennent entre amis, avec assez peu de logistique et des moyens de transports allant de la voiture aux 2-roues, ou aux transports en commun. Ils viennent se baigner, mais recherchent surtout des sensations fortes en sautant dans l’eau depuis les falaises, rochers, ou arbres présents sur le site. Ils viennent, également discuter, écouter de la musique et faire des rencontres entre jeunes.
● Les personnes solitaires ou en couple : ces adultes, généralement de plus de 30 ans, viennent sur les plages avec peu de logistique à part une serviette et de quoi lire ou dessiner. Certains se baignent, la plupart se repose ou contemple le site. Parfois leur passage sur la plage est une étape de leur promenade à vélo ou à pied. Ils recherchent le calme et souhaitent s’isoler du reste des usagers de la plage.

En terme de provenance, la plupart de ces usagers résident dans les communes riveraines des lieux de baignade et des principaux bassins de population situés à proximité de la rivière Allier (métropole clermontoise et agglomération d’Issoire). Quelques sites de baignade (Vichy, Cournon, Brioude) captent fréquemment des personnes provenant d’autres départements français, voir d’autres pays, attestant du caractère touristique de ces destinations. En effet, il s’agit de lieux de baignade autorisés et aménagés, au sein de bases de loisirs disposant d’une communication ciblée sur la pratique de la baignade sur site internet et/ou réseaux sociaux.

Les motivations exprimées par les personnes enquêtées montrent que les habitants recherchent, avant tout, des lieux de rafraichissement en périodes de fortes chaleurs. Leurs critères pour choisir ces lieux sont peu nombreux : ils recherchent des sites à proximité de chez eux, et apprécient la faible fréquentation, et le caractère calme et tranquille de ces lieux. L’environnement naturel de la rivière influe également sur ce choix, les usagers interrogés appréciant le cadre naturel, voire « secret », de ces lieux de baignade en bord de rivière. Ces critères semblent pour eux plus importants que la présence d’aménagements.

Une méconnaissance de la rivière Allier et de son écosystème

La réglementation des interdictions de baignade dans le Puy-de-Dôme n’est pas bien connue des usagers. Sur plusieurs sites enquêtés, une part importante des usagers indique ne pas savoir si la baignade est interdite ou autorisée (pont Pakowski, Malmouche), voire pensent que la baignade est autorisée sur le site alors qu’elle est interdite (Coudes).

Connaissance de la réglementation par les usagers des sites de baignade

De même, on note une appréhension variable des dangers de la rivière en fonction des sites. En effet, les dangers dans la rivière Allier sont davantage perçus dans les sites non surveillés et interdits où le courant, la profondeur variable, les trous d’eau, les éléments dissimulés dans la rivière (rochers, blocs de béton, barres de fer…) sont souvent évoqués. Certaines personnes indiquent rester sur la plage sans se baigner pour ne pas risquer un accident, et une forme de « bouche à oreille » est observée sur ces lieux, où les « connaisseurs » des dangers de la rivière mettent en garde les autres usagers non habitués. On note que ces précautions ne sont pas présentes sur les lieux de baignade autorisée : l’autorisation sur le site et la présence d’une personne pour surveiller la baignade induit un « lâcher-prise » chez les usagers, qui ne se méfient plus de la rivière et de ses dangers. Certains demeurent pourtant toujours présents (courant variable, dénivelé variable…), en particulier pour les usagers qui se baignent hors des lignes d’eau et de la délimitation de la surveillance de la baignade (comme à la Bageasse à Brioude).

Le cadre et l’aspect naturel du lieu de baignade contribue donc au choix des usagers de venir en bord de rivière pour se délasser. D’après les enquêtes menées, près de 60% des usagers se déclarent sensibles à l’environnement, à la fragilité du cadre naturel et aux différentes problématiques de ce milieu, et ce sur les lieux de baignade autorisés comme interdits. Cependant, il existe un décalage frappant entre l’appréciation du cadre et l’attention portée aux milieux écologiques, et les habitudes, les activités pratiquées (feux, dégradation des falaises…). Cette ambiguïté notée chez une majorité d’usagers soulève l’importance de l’éducation à l’environnement et d’une sensibilisation aux pratiques de bonnes conduites pour une baignade en milieux naturels.

Il est surprenant de noter également une méconnaissance du fonctionnement naturel de la rivière elle-même. En effet, la variation de quantité de sable et de galets sur les plages suite aux crues de la rivière questionnent les usagers sur ces mouvements de matière qui imaginent un entretien régulier du milieu. Cette méconnaissance de la divagation de la rivière Allier influe sur les pratiques et les habitudes des usagers. Ce fantasme d’un entretien des plages dédouane les usagers de faire des gestes élémentaires de bonnes pratiques en milieu naturel, comme ramasser ses déchets, soulevant à nouveau l’importance d’une éducation, d’une sensibilisation et d’une réappropriation de la rivière par les habitants.

Vers de nouveaux lieux de baignade autorisée dans le Pôle métropolitain

Au total, 26 lieux de baignade ont été répertoriés dans la rivière Allier sur le Pôle métropolitain. Deux sont autorisés (à Vichy et à Brioude) ; les 24 lieux de baignade restants sont localisés dans le Puy-de-Dôme et sont donc interdits. Ces lieux de baignade interdite ont fait l’objet d’un premier tri dans le cadre de l’étude conduite par l’agence, en fonction de leur fréquentation et leur dangerosité : neuf sites où la baignade est aujourd’hui interdite, mais avec une fréquentation moyenne à forte et une dangerosité faible à moyenne ont été retenus. Ils sont répartis sur tout le linéaire de la rivière dans le Puy-de-Dôme. Ces neuf sites ont, par la suite, été étudiés en groupe technique selon neuf autres critères afin d’apprécier leurs potentiels pour devenir des sites de baignade autorisée :
Fréquentation importante pour la baignade et type d’usagers varié
Accessibilité, principalement voiture et transports en commun
Proximité avec la véloroute et voie verte Via Allier
Proximité d’une centralité, d’un pôle urbain et d’activités de loisirs en rivière
Existence d’un projet de « Maison de l’Allier »
Volonté locale
Sensibilité environnementale
Occupation du Domaine Public Fluvial (bail de chasse et/ou de pêche)
Cohabitation des usages : possibles conflits d’usage du site (champs de captage à proximité, espace naturel, …)

Les sites de baignade à étudier pour une préfiguration
des lieux de baignade dans le pôle métropolitain

Les sites de baignade interdite étudiés ici ont été différenciés en fonction de leur caractère compatible et propice à l’activité de baignade, mettant en avant trois types de sites :
Des sites à forts potentiels pour une baignade autorisée sur Joze et Pont-du-Château : moindre sensibilité environnementale, proximité avec la Via Allier et/ou une centralité (pôles urbains), bonne accessibilité, … La mise en place de ces deux sites permettrait de répondre aux besoins de baignade et de rafraichissement des habitants de la plaine de la Limagne (en manque de lieux de baignade naturelle autorisée) et de la métropole clermontoise (lieux de baignade naturelle sur-fréquentés).
Des sites à potentiels, mais à concilier avec certains enjeux environnementaux ou territoriaux sur la plage de Longues, les ponts de Parentignat et Pakowski et la plage de Coudes) : des sites à fort potentiel (présence d’un pôle urbain, forte accessibilité, activités nautiques, …) mais à concilier avec une certaine sensibilité environnementale (Longues, ponts Pakowski et de Parentignat) ou ayant une accessibilité à renforcer (Coudes).
Des sites où la baignade doit être évitée, en raison de forts enjeux écologiques sur le site concernant l’Ecopôle, Malmouche et le Saut du Loup). Ces sites étant déjà fréquentés malgré l’interdiction, une démarche de sensibilisation pourrait être mise en place.

La perspective de créer de nouveaux lieux de baignade autorisée en rivière, principalement dans le Puy-de-Dôme, devrait être envisagée avec les territoires, EPCI et communes riveraines. Elle permettrait de répondre aux enjeux actuels de besoin de rafraichissement de la population et de protection de la biodiversité (limiter la baignade diffuse le long de l’Allier), parallèlement au développement de l’offre touristique en lien avec la réalisation de la Via Allier. La création d’un lieu de baignade dans un milieu pour le moment interdit est une démarche qui doit s’anticiper car elle nécessite un certain temps de préfiguration (ex. profils de baignade) et de réalisation (aménagement et accessibilité). La création de sites de baignade autorisée dans la rivière devra donc se faire en association avec l’ensemble des acteurs locaux : activités nautiques à proximité, associations de pêche ou encore gestionnaires de sites naturels, de manière à rendre compatible toute activité touristique et de loisirs avec un milieu à forte sensibilité écologique. En parallèle, des réflexions doivent être menées sur les Maisons de sites de l’Allier, qui constituent des pôles d’appui à structurer et à mettre en réseau au service d’un développement plus intégré et maîtrisé de la rivière.