Enquête Téléphonique Allo Quartiers 2022

Enquête Téléphonique Allo Quartiers 2022

Enquête Téléphonique Allo Quartiers 2022

Allo Quartiers est une enquête téléphonique développée par l’Agence d’Urbanisme et de développement Clermont Métropole, auprès de 1500 habitants du cœur de la l’agglomération clermontoise.

Cette enquête quantitative permet de recueillir la vision et le ressenti des habitants sur leur quartier et leur condition de vie de manière représentative. Au total, près d’une vingtaine de thématiques, telles que : le bien-être dans le logement et le quartier, l’appréciation des espaces et des équipements de proximité, la réputation du quartier, le sentiment d’insécurité, ou encore les relations entre habitants…, sont abordées avec les enquêtés à travers des questions fermées.

En vue de pouvoir saisir les différents points de vue de manière représentative, des quotas d’enquêtés sont définis par quartiers, sexe, âges, composition familiale et situation d’emploi. 

Les résultats des répondants permettent de révéler des spécificités par profil ou par quartier, sur de nombreuses thématiques souvent difficile à appréhender par des chiffres statistiques.

Les 1500 habitants enquêtés résident au sein ou en dehors des quartiers prioritaires et de veille active de la métropole clermontoise. Les quartiers hors géographie prioritaire appelés « secteurs témoins 1 et 2 » en fonction de leur caractère urbain plus ou moins dense, servent de référence en tant que « moyenne métropolitaine » dans la comparaison et le positionnement des résultats par quartier.

Carte des secteurs d’enquête d’Allo Quartiers 2022 

En octobre 2017, une première édition d’Allo Quartiers a été développée, révélant à titre d’exemple que les habitants des quartiers prioritaires se sentent à 80% en bien-être dans leur quartier. Ce ressenti de bien-être élevé est néanmoins inférieur de près de 15 points à celui des habitants du secteur témoin 1.

Outre l’importante saisie des perceptions des habitants sur des domaines éclectiques à un instant T, l’intérêt d’Allo Quartiers est également de pouvoir saisir les évolutions de ces résultats en rééditant les enquêtes. Ainsi, une deuxième édition d’Allo quartiers se déroule actuellement (de mi-avril jusqu’à la fin juin 2022) sur les mêmes secteurs d’enquêtes.

Les résultats des Allo quartiers de 2017 et de 2022 pourront être comparés et alimenter l’évaluation du Contrat de ville de Clermont Métropole en dressant un portrait transversal du changement social, urbain et économique des quartiers prioritaires et de la métropole clermontoise, en début et fin de cette politique contractuelle.

Les conclusions de l’enquête de 2017 ont récemment contribué à la réalisation d’un panoramique de la situation des quartiers vis-à-vis des engagements du Protocole d’Engagement Réciproque et Renforcés (PERR) de Clermont Auvergne Métropole. Une réédition de ces travaux, intégrant la saisie des évolutions grâce aux résultats d’Allo quartiers 2022 est prévue pour la fin du premier semestre.

Votre avis nous intéresse ! Participez à l’enquête !
Plusieurs possibilités s’offrent à vous :

● par téléphone  au 04 73 17 48 02

● en laissant vos coordonnées sur la boite vocale 09 70 24 84 84 (vous serez rappellés)

● directement en ligne en suivant ce lien : Enquête_Allo Quartiers_2022_En_Ligne

Ma santé au temps de la COVID-19

Ma santé au temps de la COVID-19

Ma santé au temps de la COVID-19

Lors du premier confinement, l’Agence d’Urbanisme et de Développement Clermont Métropole et l’Atelier Santé Ville de Clermont-Ferrand ont souhaité recueillir la voix des habitants sur leurs ressentis et leurs besoins face à cette crise sanitaire sans précédent.

C’est ainsi qu’un partenariat est né entre les deux parties, mis en œuvre à travers une enquête quantitative réalisée auprès de plus de 300 clermontois. Le questionnaire a permis d’aborder plusieurs thématiques telles que : l’état de santé et le recours aux soins, le vécu et les impacts du confinement et du déconfinement et la connaissance du virus et des gestes barrières.

OBJECTIFS ET FINALITÉS PARTAGÉS DE CETTE ENQUÊTE  

  • ● Mieux connaître les problèmes et besoins de santé dans les QPV pendant et depuis la crise sanitaire.
  • ● Réduire les inégalités sociales et territoriales en santé au temps de la Covid-19.
  • ● Adapter davantage les actions de prévention, de promotion et d’éducation à la santé et d’accompagnement des plus vulnérables dans leurs parcours de santé.

Méthode

De juin à septembre 2020, l’atelier Santé ville a réalisé les enquêtes en face à face dans différents quartiers (les 4 quartiers prioritaires, le Centre-ville et le quartier gare de Clermont-Ferrand).

Par la suite, l’Agence d’Urbanisme a procédé au traitement et à la restitution des analyses qui mettent en avant les divergences et les convergences entre répondants résidants au sein et en dehors des quartiers prioritaires.

En vue de pouvoir comparer les territoires les uns aux autres et notamment d’identifier ceux en situation de décrochage, c’est la méthodologie du «scoring» qui a été utilisée pour cette enquête.

Ainsi, pour chacune des questions, la valeur médiane des réponses a été calculée et sert de valeur de référence pour situer les quartiers. Cette méthode permet de réaliser un positionnement relatif à la question et aux valeurs locales (valeurs des autres quartiers).

 

 Valorisations, partages et principaux résultats :

En début d’année 2021, des premiers résultats ont été partagés sous forme de conférence-débat en ligne auprès des élus et des partenaires de l’Atelier Santé Ville et de Notre Observatoire Urbain et Social(NOUS).

Plusieurs enjeux ont été soulignés par les résultats de l’enquête avec des distinctions par territoires :

Dans les QPV, les enjeux les plus saillants sont :

● Une moindre connaissance de la pluralité des symptômes, des modes de transmission et des mesures de protection (88% Hors QPV contre 55% dans les QPV utilisent au moins les trois principaux modes de protection : gel hydroalcoolique, masques et distanciation sociale).    

● Moins d’activité physique et plus de prise de poids pendant le confinement (32 % dans les QPV ne font pas du tout d’activité physique contre 8% Hors QPV)

● Un premier confinement vécu plus « péniblement » (31% dans les QPV contre 8% Hors QPV) et «angoissant»

● Plus de temps passé en famille apprécié (33% dans les QPV contre 21% Hors QPV)

● Une charge des enfants et une continuité pédagogique plus difficile dans certains quartiers comme Croix-de-Neyrat et Saint-Jacques

● Plus d’exposition face aux écrans (une exposition ayant augmenté pendant le premier confinement à 58% dans les QPV contre 41% Hors QPV)

● Plus de troubles du sommeil (17% dans les QPV ont eu beaucoup de troubles du sommeil contre 3% Hors QPV)

● Légèrement plus de difficultés depuis le premier confinement avec des freins dans les démarches en ligne notamment à Saint-Jacques et des enjeux d’aide alimentaire
à Champratel et les Vergnes

● Des déconfinés plus «stressés», «angoissés» (33% dans les QPV contre 21% Hors QPV

En dehors des QPV, ce sont les enjeux suivants qui ont été mis en exergue, rompant parfois avec certaines idées préconçues.

● Davantage de difficultés à poursuivre les soins durant le premier confinement (27 % hors QPV ont préféré repousser leurs soins contre 9% dans les QPV)

● Une alimentation moins saine pendant le premier confinement (31% dans les QPV contre 14% dans les QPV)

● Un enjeu autour de la consommation d’alcool plus important (14% contre 1 % ont augmenté leur consommation durant le premier confinement)

● Une exposition importante face aux écrans

● Un vécu du premier confinement qualifié davantage par la « solitude, l’isolement » (25% Hors QPV contre 16% dans les QPV)

● Un premier déconfinement pas forcément vécu comme un “soulagement”

● Un secteur Gare qui ressemble davantage à un QPV

Approfondissements et analyses croisées : les “profils type”

L’analyse croisée des différentes réponses et des profils sociodémographiques des répondants permet d’aboutir à des « profils type». Ils sont à interpréter comme des grandes familles de répondants et ne sont pas représentatifs de l’ensemble de la population métropolitaine.

Les ainés qui prennent soins d’eux

Dans ce profil de retraités de plus de 60 ans qui vivent largement seuls, se concentrent légèrement plus de femmes. Ces retraitées ont une bonne connaissance du virus et des gestes barrières.  Pendant le confinement, elles ont poursuivi leurs soins et leur quotidien n’a pas vraiment été modifié par le confinement, interrogeant ainsi la solitude et le manque d’interactions sociales hors temps de pandémie. Par ailleurs, elles ont moins vécu le déconfinement comme un “soulagement”. Ce profil est tout autant présent dans les QPV qu’en dehors.

Les jeunes désœuvrés et mal confinés

Ces jeunes trentenaires, à parité de genre, vivent seuls ou en collocation et plus des 2/3 sont sans emplois. Près de la majorité a vécu « péniblement » le confinement. Comparativement aux autres profils, ces jeunes ont davantage eu une alimentation peu saine, pris du poids et plus d’un tiers ne pratique pas d’activité physique. Leur exposition face aux écrans a augmenté et ils sont plus nombreux à avoir eu beaucoup de troubles du sommeil. Ils ont également eu plus de difficultés à se nourrir pour des raisons financières et à avoir fait appel à un professionnel depuis cette crise sanitaire. Le confinement a été synonyme d’isolement et pour la majorité leurs rapports familiaux ont changé avec plus de désaccords. Ce profil est davantage présent dans les QPV.

Les travailleurs anxieux

Ce profil se caractérise par une forte proportion de femmes en situation d’emploi(2/3 en CDI). Ce profil connait particulièrement bien les symptômes, les modes et les lieux de transmission du virus. Globalement leur état de santé est resté identique pendant le premier confinement, néanmoins la poursuite des soins semble avoir été plus difficile avec une part plus importante ayant préféré repousser leurs soins. Ils sont plus consommateurs de tabac et d’alcool et   ont davantage augmenté leurs consommations pendant le premier confinement. Néanmoins, leur exposition aux écrans est moins importante que chez les autres profils. Leur confinement a davantage été synonyme « d’angoisses et de peurs”, avec plus de mal-être et de troubles du sommeil. Ce profil a également vécu le premier déconfinement comme une période
« stressante ». Ce profil est davantage présent en dehors des QPV.

Les  familles

Dans ce profil, les deux tiers ont entre 30 et 50 ans et la quasi totalité ont des enfants en couple ou en famille monoparentale ; enfin la moitié est sans emploi. Confinés en famille, ils ont tous vécu des changements dans leurs rapports familiaux et sont nombreux à avoir apprécié passer plus de temps ensemble durant cette période. La quasi-totalité a été concernée par la continuité pédagogique avec un déroulement qui s’est globalement bien passé mais avec des décrochages dans la durée. Ces familles sont davantage en bonne santé et n’ont pas eu de difficultés à poursuivre leurs soins pendant le premier confinement. Elles ont une exposition face aux écrans un peu moins importante « en temps normal»
mais sont nombreuses à l’avoir augmentée pendant le premier confinement.  Enfin, elles ont davantage vécu le premier déconfinement comme un « soulagement ». Ce profil est légèrement plus présent dans les QPV.

Les jeunes “tout va bien »

Ce profil est composé de 3/4 d’hommes et les 2/3 ont moins de 30 ans. Ils sont globalement sans enfant et la majorité a un emploi. Ces jeunes « tout va bien » s’estiment largement en bonne santé, ils n’ont pas eu besoin de recourir à la téléconsultation et la quasi-totalité ont facilement pu poursuivre leurs soins pendant le premier confinement. Ces jeunes ont davantage « bien vécu » le confinement comparativement aux autres profils (moins angoissant, moins de troubles du sommeil). S’agissant de leurs habitudes, leur alimentation et leur poids sont restés stables, mais leurs consommations de tabac, déjà plus importantes, ont légèrement augmenté. Ce profil est davantage présent dans les QPV.

De l’observation à l’action

Travaillé conjointement, le rapport de l’étude met également en avant des pistes d’actions, concernant la prévention (connaissances du virus, campagne de vaccination et de dépistage, poursuite des soins…) ; la coordination des acteurs (des secteurs de santé et sociaux, accès aux droits et aller vers) ; des actions et des publics ciblés (addictions, exposition aux écrans, insécurité alimentaire, santé mentale…). Suite à l’enquête, des projets ont également été mis en œuvre par l’Atelier Santé ville, telle que son action « santé et pollution ». Cette action de prévention a permis à travers la distribution de masques et de port de masques, de rappeler les gestes barrières et la gestion des masques utilisés.    

 

Les suites

Ce partenariat toujours vif d’intérêt mutuel, s’est poursuivi dans le cadre d’une étude sur l’offre et les recours à l’aide alimentaire pilotée par la Direction de l’Economie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DEETS) et mis en œuvre par l’agence d’Urbanisme et de développement Clermont Métropole à l’échelle du département. L’Atelier Santé Ville 63, a ainsi appuyé fortement l’agence d’urbanisme dans son enquête de terrain auprès des usagers, en réalisant près de 430 enquêtes au sein des structures de l’aide alimentaire de Clermont-Ferrand.

Situations socio-économiques et urbaines des quartiers inscrits au Contrat de ville de la métropole clermontoise

Situations socio-économiques et urbaines des quartiers inscrits au Contrat de ville de la métropole clermontoise

Situations socio-économiques et urbaines des quartiers inscrits au Contrat de ville de la métropole clermontoise

Durant le second semestre 2021, l’Agence d’urbanisme et de développement Clermont Métropole a accompagné le suivi et la préfiguration de l’évaluation du Protocole d’engagements réciproques et renforcés (PERR) de Clermont Auvergne Métropole. L’objectif de ce travail mené par l’Observatoire urbain et social de l’agence est de saisir l’évolution des quartiers prioritaires et de veille active en comparant leurs situations en début (2015/2016) et en fin (2022/23) de Contrat de ville de la métropole.

Éléments de Méthode : un scoring
à partir du traitement d’une centaine d’indicateurs

L’Agence d’urbanisme a sélectionné plus de 100 indicateurs (une majorité est issue du sondage Allo Quartiers de 2017, l’autre des conventions locales partenariales avec Pôle Emploi AURA, CAF 63, Rectorat 63, bailleurs…) en lien avec chacun des 27 engagements inscrits au PERR. Parmi ces engagements rassemblés selon les 3 piliers du Contrat de ville, on retrouve notamment :

● Pour la cohésion sociale : Agir sur la thématique de la santé ; réduire la fracture numérique ; encourager l’égalité femmes / hommes…

● Pour le développement économique, formation et insertion professionnelle : Favoriser l’implantation d’entreprises ; conforter l’offre existante ; lever les freins à l’emploi ; renforcer la présence des acteurs de l’emploi…

● Pour le cadre de vie et le renouvellement urbain : atteindre les objectifs d’attributions de logement social ; transformer durablement les quartiers ; garantir la sécurité dans les quartiers, développer les mobilités douces…

Face à chaque engagement du PERR, un indicateur synthétique (regroupant plusieurs indicateurs) a été défini et mis en perspective par la méthode dite de « scoring ».  Cette méthode permet, sur des indicateurs de natures diverses, de positionner les quartiers selon que leur situation est plus ou moins favorable au sein de la métropole, considérée ici comme le référent. Les situations spécifiques et les écarts pour chacun des quartiers sont ainsi facilement mis en évidence.

Engagement 1 – “Agir sur la santé”

SOURCES DES INDICATEURS OBSERVÉS : Le nombre de médecin généraliste et pédiatre pour 100 habitants (sources ARS 2018 – traitement Agence d’urbanisme) • Le nombre de spécialistes quotidiens pour 100 habitants (sources ARS 2018 – traitement Agence d’urbanisme) • Part d’ habitants estimant leur santé plutôt mauvaise à très mauvaise (Allo quartiers 2017) • Part d’habitants ayant eu des difficultés à trouver ou qui n’ont pas trouvé un médecin traitant dans leur quartier (AQ 2017) • Part d’habitants qui ont «quelques fois» à «souvent» renoncé aux soins pour des raisons financières (AQ 2017)

Les principaux résultats  : des écarts prégnants
et des enjeux d’envergure métropolitaine

Un rapport complet dédié restitue les résultats et les analyses de ce travail sur chacun des engagements du PERR. Les principaux enseignements montrent des écarts toujours prégnants sur les quartiers prioritaires mais aussi d’enjeux d’envergure métropolitaine, telle que la fracture numérique ou le non-recours aux acteurs de l’insertion par les personnes sans emploi.

Concernant la cohésion sociale, plusieurs enjeux sont à retenir :

● L’accès aux droits, pour les QPV et notamment celui de la Fontaine du bac

● Les écarts de réussite et de mixité scolaires

● La fracture numérique, avec une alerte spécifique pour la Fontaine du Bac.

● L’égalité femme/homme, avec des écarts de taux d’emploi par genre saillants, notamment dans les Quartiers Nord.

● L’accès à la culture et aux dynamiques associatives, notamment à la Fontaine du Bac et au Patural, les Pègues.

Pour le développement économique, ce sont les écarts de densité d’entreprises qui perdurent dans les QPV, et plus spécifiquement dans QPV de Cournon d’Auvergne que l’on retiendra.

Sur l’insertion, l’éloignement à l’emploi et l’insertion des 16 – 24 ans restent des enjeux importants sur les QPV et ce notamment dans les Quartiers Nord. Une alerte également, autour de l’hypothèse d’un non-recours aux structures d’insertion plus important chez les femmes et les jeunes, y compris en dehors des QPV.

Enfin concernant le cadre de vie et le renouvellement urbain  :

● L’habitat perdure comme une problématique ancrée dans les QPV et les QVA, tant sur la prépondérance des logements sociaux à bas loyers que sur la concentration des personnes à bas revenus.

● En termes de vivre ensemble, sont ciblés la mauvaise réputation et le sentiment d’insécurité qui priment dans les QPV et ce notamment dans les Quartiers Nord.

● In fine sur les mobilités : Les transports en commun représentent un atout des QPV, mais une faiblesse dans les QVA. Néanmoins, une vigilance quant aux mobilités douces pour les QPV également.

Une synthèse cartographique l’accompagne pour une vision plus communicante par “blocs d’engagements”. 

Engagement 1 – “Agir sur la santé”

Des cartes synthétiques ont ainsi été réalisées sur chacun des blocs d’engagements, qui sont :

L’accès aux droits

L’émancipation et la citoyenneté

Le développement économique

L’insertion professionnelle

Habiter durable

Vivre ensemble

Bouquet mobilités

Les apports politiques de ce travail

Le fruit de ces travaux a pu être partagé et articulé avec le travail de suivi des actions du Contrat de ville réalisé par le Bureau d’étude Algoé et Siloé. Ils ont été présentés aux dernières instances de gouvernance technique et politique du Contrat de ville (fin d’année 2021 et début 2022).

La visée étant de mettre à jour ces indicateurs afin de saisir les évolutions du positionnement des quartiers en fin de Contrat de Ville / PERR (2022/23), une réédition de ces travaux est prévue pour fin du premier semestre 2022.  Elle permettra ainsi d’alimenter abondamment la démarche d’évaluation du Contrat de Ville portée par Clermont Auvergne Métropole qui devra selon le calendrier fixé par l’État être achevée en juin 2022 (cf. Instruction du 14/12/21 – Direction générale – Politique de la ville de l’ANCT). Cette évaluation locale devra : s’appuyer sur l’évaluation mi-parcours et le PERR, associer et mobiliser tous les partenaires appelés à y contribuer à travers le partage d’éléments d’analyses quantitatives et qualitatives et mobiliser l’expertise habitante.

En termes de finalité, elle devra permettre de dresser un bilan du Contrat de ville comme “outil” (levier dans les coopérations, inscription des quartiers dans les dynamiques territoriales, application des politiques de droit commun), de rendre compte de la mise en œuvre et des résultats des actions déployées et de prioriser les dispositifs les plus structurants relevant des trois piliers et des axes transversaux

Ce travail de saisie des évolutions, à la croisée du suivi des actions du Contrat de Ville, conforte le rôle de l’Agence et de ses observatoires, comme outil d’aide à la décision, support à l’évaluation et à l’élaboration des politiques publiques, telle que la nouvelle contractualisation de la Politique de la ville qui devra être effective au 1er janvier 2024.

“Tisseurs de liens”, un focus group avec les acteurs de trois quartiers populaires de Gerzat : Le Patural, Les Pègues et les Chabesses

“Tisseurs de liens”, un focus group avec les acteurs de trois quartiers populaires de Gerzat : Le Patural, Les Pègues et les Chabesses

“Tisseurs de liens”, un focus group avec les acteurs de trois quartiers populaires de Gerzat : Le Patural, Les Pègues et les Chabesses

En mars 2021, l’Agence d’urbanisme a animé un Focus group “Tisseurs de liens” avec une quinzaine d’acteurs de terrain d’horizons professionnels divers ayant en commun de travailler quotidiennement sur les quartiers dits de Veille active du Pâtural, les Pègues et celui des Chabesses de la ville de Gerzat. (bien que ce dernier ne soit pas un quartier inscrit au Contrat de ville,  les services de la ville de Gerzat constatant une concentration importante d’enjeux sociaux et urbains ont souhaité l’intégré au débat.)

“Tisseurs de liens” : une méthode éprouvée
de débat pour recueillir la vision des acteurs

Le focus group des acteurs “Tisseurs de liens” est l’un des outils qualitatifs mis en place par l’Agence dans son observatoire urbain et social. Cette méthode a précédemment été éprouvée auprès des acteurs des Quartiers prioritaires de Clermont-Ferrand et de Cournon-d’Auvergne.

14 participant.e.s
à ce focus group :

●  Insertion pour l’emploi

●  Bailleurs sociaux

●  Travailleurs sociaux

●  Petite enfance

●  Association sportive

●  Tranquillité publique

●  Culture

Les objectifs du focus group “tisseurs de liens” sont de partager différents regards d’acteurs sur un même territoire, avec leur convergence et leur dissensus, d’identifier les enjeux majeurs concernant le(s) quartier(s) et ses habitants et d’échanger autour des besoins et des leviers d’actions

Les participants provenant d’horizons professionnels différents – infirmier.e.s., bailleurs sociaux, agents de la petite enfance, éducateur.trice.s et éducatrices, travailleur.se.s sociaux, agents de développement social ou local, associations …- n’ont pas souvent l’occasion de pouvoir partager librement leur vision du quartier et des habitants auprès de qui ils travaillent quotidiennement.

Le focus group à travers des évocations spontanées et un débat libre permet aux acteurs de faire connaitre leurs expertises de terrain tout en dépassant les champs des compétences métiers. Cet échange transversal permet de dresser un portrait des quartiers ciblés et de ses habitants, dans leur globalité et leur complexité. La plupart du temps, les visions sont convergentes sur les constats et les enjeux, ou complémentaires.

Résultats : les constats partagés

Trois mots clefs pour résumer les différents enjeux qui ont émergé de ces échanges spontanés dans ces trois quartiers :

L’accessibilité : à l’échelle de la commune de Gerzat, l’offre en transports en commun est jugée non performante, notamment vers les zones d’emploi. L’accès aux droits pour tous, avec un manque de services publics de proximité, notamment dans le quartier des Chabesses a également émergé.

Le vivant :  si les quartiers, notamment celui du Pâtural, sont perçus comme animés et vivants, avec la présence importante d’enfants, de familles et de manifestations réalisées par les acteurs, la crise sanitaire semble avoir mis à mal ce “vivant”.

Le multiculturel : il est perçu à la fois comme une richesse et un frein, avec des enjeux liés à l’accès à la langue française et à des différences éducatives importantes.

La poursuite des échanges autour de l’image, de la réputation, de  la qualité du cadre de vie de ces quartiers a aussi permis d’identifier des enjeux spécifiques aux trois quartiers :  

Pour le quartier du Pâtural, on note une amélioration globale du cadre de vie opérée notamment grâce au programme de rénovation urbaine (2006/ 2012). Cependant des difficultés sociales résistent avec des concentrations de populations précaires, dont les difficultés ont pu être accrues par la crise sanitaire et la perte de la présence des acteurs sociaux au sein du quartier (Conseillers, CAF, travailleurs sociaux…). Ces derniers ont été délocalisés avec le projet de rénovation urbaine, entrainant des pertes de lien et de coordination. Enfin, pour ce quartier, une mauvaise image perdure, alliant mauvaise réputation héritée et points de tensions encore d’actualité (autour du city-stade par exemple).   

Pour le quartier des Pègues, la réalité est tout à fait différente puisqu’il n’a plus vocation à être inscrit en tant que « Quartier de Veille active » au Contrat de Ville. En effet, ce quartier principalement composé de maisons individuelles (anciens pavillons Michelin) et de propriétaires, ne présente plus d’enjeux sociaux ou urbains importants ; il n’est qu’un héritage de l’ancienne géographie prioritaire.

Pour les Chabesses, l’augmentation des problématiques sociales continue : familles précaires, primo-arrivants, difficultés scolaires et insécurité alimentaire… sont cités. Des enjeux urbains se cumulent : un parc d’habitat 100% social, présentant des manques notamment en termes de services publics, de commerces et d’équipements, contribuant ainsi à l’isolement et à la difficulté de l’accès aux droits des plus fragiles.

Forts de ces constats, les participants via une séquence en atelier collaboratif, ont imaginé et hiérarchisé des propositions pour mieux répondre aux besoins des habitants :

●  Améliorer les partenariats et les réseaux entre acteurs en vue de permettre l’accès aux droits et aux services et proposer un accompagnement adapté

●  Retour des services publics et des acteurs dans les quartiers du Pâtural et des Chabesses

●  Ouvrir un lieu d’accueil enfants / parents ou une halte- garderie

●  Fédérer les associations existantes pour élargir et développer leurs actions

●  Mettre en place des comités de quartier et développer leurs actions

En vue de croiser le regard des acteurs avec celui des habitants, une balade urbaine a également été réalisée dans ces quartiers fin 2021, avec une dizaine d’habitants. Arpentant les rues à travers un parcours défini par les participants, leurs expertises d’usages permettent d’appréhender finement les besoins, les atouts et les dysfonctionnements urbains au quotidien. À titre d’exemple : des espaces publics et des aires de jeux à améliorer dans le parc des Chabesses et au niveau de “la coulée verte ” du Pâtural; des équipements “sur-chargés” tels que l’espace de Gym Gerzat du Pâtural, ou encore des lieux appréciés à l’unanimité comme le parc de la Treille et la nouvelle médiathèque A. Daudet. Fin du trimestre 2022, elle sera restituée sous la forme d’un prochain carnet de balade publié par l’Agence.